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Le tri de cartes (card sorting) est une technique permettant d’organiser un ensemble de données en maximisant les chances qu’un utilisateur quelconque puisse les localiser facilement. Dans le cadre du design web, elle est utilisée pour suggérer la structure optimale d’un site internet, et fournir des indications sur le mode de navigation, la hiérarchie des menus et la dénomination des rubriques.
Cette technique est simple, rapide, économique et donne des résultats fiables. Elle peut être réalisée avec de vraies cartes en papier, mais aussi par des moyens informatiques, par E-mail ou en utilisant des logiciels spécialisés. Le principe reste identique : on fournit à chaque participant un ensemble de cartes, qu’il devra classer. Sur chacune de ces cartes est nommé un élément de contenu du site, le jeu complet constituant l’ensemble des informations présentes sur le site.
Le jeu initial fourni à un participant.
Si les participants ont une certaine expertise dans le domaine abordé par le site, une première étape peut consister à leur faire valider la pertinence et le titre des contenus (les informations sont-elles cohérentes ? certaines manquent-elles ? les appellations sont-elle appropriées ?). Ils pourront changer les appellations ou écrire sur des cartes vierges en fonction des besoins.
Le jeu validé : le participant a modifié un titre et ajouté une carte.
Dans un deuxième temps, on demande aux participants de regrouper les cartes d’une manière qui leur semble logique. On aura préalablement décidé si chaque carte doit être unique ou si elle peut être dupliquée dans plusieurs groupes, ce qui est assez courant sur les sites internet où les catégories ne sont pas toujours hermétiques.
Les cartes triées et organisées en groupes.
Lorsque le tri est effectué, on demande à chaque participant de nommer les groupes ainsi constitués. On pourra l’aider à formuler ces appellations en lui demandant en quoi les cartes d’un groupe se ressemblent, ou qu’est-ce qui les différencie des autres. Cette étape permet de comprendre ce qui a amené le participant à effectuer les regroupements.
Les groupes sont nommés.
Une fois ces tests menés, les données recueillies doivent être traitées afin de faire ressortir des clusters, c’est-à-dire les groupements les plus fréquemment réalisés. Des logiciels statistiques ou une simple feuille Excel permettent de déterminer de tels clusters.
Mais il faut également prêter attention aux éléments qui ne font pas l’objet de consensus, et s’interroger sur les causes des divergences entre participants : ces éléments sont-ils correctement définis ? Leur appellation est-elle pertinente ? Sont-ils superflus ?
Comme je le mentionnais plus haut, le tri de cartes peut être réalisé avec de vraies cartes, mais aussi par voie informatique. L’avantage de la première méthode est de réunir des gens autour d’une table, d’étudier leur comportement, d’écouter les commentaires et de capter ainsi des réactions qui ne pourraient être recueillies lors d’un test à distance. Mais la seconde méthode permet de toucher un plus vaste échantillon d’utilisateurs tout en évitant l’organisation de séances de test. Des outils tels que CardZort ou UzCardSort permettent de réaliser des tris de cartes virtuelles.
La méthode la plus couramment employée est celle du tri ouvert, dans laquelle chaque participant constitue les groupes qu’il souhaite. Le tri fermé consiste à imposer les groupes dans lesquels doivent être rangées les cartes. Le tri fermé peut également être utilisé après avoir déterminé les clusters à l’aide d’un tri ouvert, afin de vérifier leur pertinence avec un autre panel d’utilisateurs.
Très intéressant ! Je ne connaissais pas cette technique. C’est, en fin de compte, un brainstorming collectif un peu formalisé où on laisse une bonne part à l’intuition et à l’analyse individuelles. Je retiens le procédé car il doit se révéler efficace aussi dans d’autres domaines de projet ou même donner lieu à une transposition ludique à visée pédagogique. C’est un bon moyen d’amener des personnes à structurer leur pensée et leurs ressentis en facilitant les recoupements. Merci de cet exposé !
Rita : oui, c’est un procédé d’architecture de l’information en général, pas uniquement pour les sites internet. Il a cependant quelques inconvénients : notamment, il ne s’intéresse qu’à l’aspect extérieur, superficiel de l’information. Pour un site web cela suffit en général, mais il ne faut pas oublier qu’il ne fait que suggérer une structure, que l’on peut adapter en fonction d’autres critères qui échapperaient aux participants du test.