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L’écriture étant chez moi une activité lente, j’ai peu de temps en ce moment pour alimenter ce blog. Je prépare actuellement une nouvelle version — pas encore en ligne — du site de l’écrivain Roger Vailland et cela me prend pas mal de temps. C’est un travail assez long, car j’essaie d’être aussi rigoureux que possible dans la mise en page et la typographie — grille modulaire pour le positionnement des blocs, réglage précis de l’interlignage du texte et des titres, rapport entre le texte et les blancs, etc.
Sans changer fondamentalement l’aspect du site, le parti-pris de cette nouvelle présentation est d’allier la modernité au classicisme, dans un esprit conforme à celui de l’écrivain. Cette option se reflète notamment dans le choix des caractères : le Georgia pour le corps des articles et les titres, le Verdana pour toutes les autres parties (navigation, contenus annexes, pied de page). Certes, les caractères à empattement ne sont pas du meilleur effet sur un écran, mais le Georgia, avec son gros œil, demeure assez lisible en corps 12 ou 13 avec un interlignage généreux.
Pour qui se soucie de typographie, l’Internet engendre bien des frustrations : caractères grossièrement définis, manque de contrôle sur leur taille et leur crénage, impossibilité d’effectuer des césures, etc. Mais le web offre en contrepartie des avantages sur l’édition papier : hypertexte, recherche de mots clés, contenu facile à modifier. Il faut donc accepter les compromis et faire au mieux avec les limitations du support.
Comparativement, la Georgia est une des plus grandes polices système. Elégante elle est peu utiliser, certainement à cause de son empattement qu’on a tant critiqué pour l’affichage écran. Or, elle a été spécialement concue pour être adaptée au support. Mais entre Georgia et Times New Roman, le choix est vite fait.
Non seulement les concepteurs sont limités sévèrement dans le choix typographique et l’adaptation au web mais aussi la résolution d’écran est tellement basse qu’elle présente une mauvaise lisibilité dans certains cas.
Gardons espoir: “D’ici 2025, nous devrions finalement utiliser des écrans d’ordinateur décents, approchant la qualité typographique du papier.” (Jakob Nielsen)
Il faudra bien qu’émergent dans les années à venir des moyens d’intervenir de manière plus précise sur la typographie des sites et d’offrir un plus large choix de polices pour la conception des sites (aujourd’hui, on est pratiquement limité à cinq ou six polices). Ce ne sera pas facile à mettre au point tout en préservant l’accessibilité des sites et en séparant la présentation du contenu, mais, si comme le prédit Nielsen, les écrans parviennent à avoir une définition nettement plus élevée, le besoin de ce type de technologie deviendra criant.