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L’accessibilité des sites ou leur conformité aux standards demeurent des sujets auxquels peu de sociétés sont sensibles. Si les grandes firmes et les services publics commencent à se soucier de ces questions, la plupart des petites et moyennes entreprises n’en ont jamais entendu parler ou n’en comprennent pas l’utilité : elles souhaitent juste disposer rapidement d’un site visuellement attractif, au moindre coût.
Il n’est pas facile de faire comprendre aux clients qu’un site techniquement bien conçu est plus aisé à faire évoluer, qu’il demeurera pour l’essentiel compatible avec les futures versions des navigateurs et que par conséquent le coût de sa maintenance sera réduit.
Il est plus difficile encore de démontrer l’utilité d’avoir un site accessible au plus grand nombre, surtout quand on annonce que cela a un prix. On peut parfois jouer sur la fibre « citoyenne » de certains dirigeants, aidé en cela par la sensibilisation grandissante de l’opinion publique aux problèmes de discrimination. Cependant, peu de chefs d’entreprise sont prêts à accepter le surcoût correspondant.
Pourtant, si nous souhaitons voir s’améliorer peu à peu la qualité de l’internet, il nous faut effectuer cette démarche missionnaire auprès de nos clients. Car c’est en grande partie de leur volonté que naîtront des sites mieux conçus.
C’est plus complexe que cela encore ! Quand tu observes le marché, tu constates que les acheteurs de sites ont des caractéristiques assez constantes :
– ils ne connaissent pas la technique, ce qui les empêche de faire de vrais appels d’offre, de vraies mises en concurrence.
– ils raisonnent essentiellement en termes de côut en s’imaginant qu’une trottinette en plastoc peut rendre les même services qu’une camionette. Pour eux ce sont des sites internet.
– ils se focalisent presque exclusivement sur le design, voire le clinquant. Les sites en flash, à deux balles, quasiment in-référençables, ont beaucoup de succès.
– ils ont souvent des attentes surréalistes, notamment en matière de référencement et ne comprennent jamais qu’un site mal codé, mal construit, n’ouvrant sur rien, et immobile, est voué à rester dans les profondeurs des moteurs de recherche.
– ils ne font pas réellement la différence entre un site corporate, informatif, marketing…
Je ne suis pas à ta place, mais commercialement je ne suis pas sûr que l’argumentation technique, sur la qualité, l’évolutivité etc soit très payante. Il y a un trop fort décalage entre ce que tu sais et ce qu’ils peuvent comprendre.
Ce qu’ils peuvent comprendre en revanche, c’est qu’avec un site de merde, ils en auront pour leur argent : ils auront une visibilité de merde.
Yves : Je suis tout à fait d’accord avec ces observations. Il est vrai que les appels d’offre sont souvent passés et les réponses examinées par des gens qui n’ont pas la culture informatique requise et qui ne considèrent que l’aspect visuel et le coût.
Tu as raison : l’argumentation sur ces points n’est pas très « payante » sur un plan commercial. L’idée consiste plutôt, lors des échanges avec un client, de glisser quelques mots sur ces questions de standard et d’accessibilité, en espérant ainsi, peu à peu, lui en faire prendre conscience.
La création d’un « label qualité » officiel et fiable pour les sites internet pourrait être incitatif et aider à une prise de conscience des décideurs (je pense notamment aux sites des services publics).
J’ai bien eu le même soucis quand ma boite a décidé enfin de s’afficher en ligne. Le prestataire choisi nous a fournis quelque chose de percutant visuellement, mais de totalement bidon question structure (donc évolutivité limitée) et de non conforme (en plus d’être atteint de divite et de classite aigue).
Et le pire est qu’il a raison de faire ainsi : mon patron le paye pour cela, un site qui en jette, et rien de plus.
Bon ensuite comme moi je dois le faire vivre j’espère faire comprendre que l’investissement était mauvais…
Selon moi le design est un tout dont l’aspect visuel n’est qu’une partie, certes importante, mais loin de suffire. Ce prestataire a peut-être raison d’un point de vue strictement économique, commercial. Mais j’ai tendance à penser que le designer web est quelqu’un qui aime le travail bien fait, qui possède une certaine conscience professionnelle et mettra un point d’honneur à livrer un travail proprement fait.
un autre article qui va totalement dans le meme sens
:
http://www.cybercodeur.net/weblog/articles/art_20040606.php
Thomas : c’est effectivement un très bon texte avec lequel je suis largement d’accord. Merci pour ce lien et bienvenue ici.