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Lorsque l’on me donnait carte blanche pour la réalisation d’un projet, j’avais tendance à m’en réjouir : j’allais pouvoir donner libre cours à mon imagination et travailler sans contrainte ! Avec l’expérience, je suis devenu beaucoup plus prudent. C’est le genre de phrase dont je me méfie désormais.
Elle signifie rarement que le client a une telle confiance en vous qu’il acceptera les yeux fermés ce que vous lui livrerez. Elle indique plutôt qu’il n’a pas d’idée arrêtée et attendra de voir pour donner son avis. Bien entendu, dans la plupart des cas, ce que vous aurez fait ne lui conviendra pas du tout. Ce n’est pas surprenant : vous n’avez pas les mêmes goûts et ce que vous aimez a peu de chance de lui plaire aussi. Il commencera alors à préciser ce qu’il souhaite et, en fin de compte, c’est tout votre travail qu’il faudra recommencer.
Face à un client qui laisse carte blanche, plutôt que d’accepter d’emblée la proposition, il est préférable de discuter, de l’aider à clarifier ses attentes, de lui demander de montrer des réalisations qu’il apprécie. On évite ainsi les déconvenues et l’on gagne un temps précieux.
Tout à fait d’accord. Je reprends quelques lignes qui figure dans mon enquête client:
- adjectifs dont un utilisateur potentiel doit percevoir le site: prestigieux, ludique, professionnel, futuriste, pointu…
- quelle est l’image actuelle de l’entreprise ? doit-elle se ressentir dans le site ?
- citer un site qui intéresse le client et développer ce qui séduit
Mais il y a aussi tout l’argumentation qui va permettre au client de mieux comprendre l’approche, de justifier le choix des couleurs, d’argumenter sur le visuel, etc.
Katsoura : merci d’avoir inauguré les commentaires de ce blog ! Te voici donc parrain de Surlignage !
« Face à un client qui laisse carte blanche, plutôt que d’accepter d’emblée la proposition, il est préférable de discuter, de l’aider à clarifier ses attentes, de lui demander de montrer des réalisations qu’il apprécie. »
Absolument. On resterait surpris de constater à quel point certaines personnes ne savent pas ce qu’elles recherchent. Je discutais récemment avec un manufacturier et quelle ne fut pas ma surprise d’entendre de sa part qu’il ne savait pas ce qu’était un blogue!? “Asseyez-vous, vous voulez bien? On va discuter…”
De plus, carte blanche, c’est budget infini ce truc? Voyons donc!
Ah non, la carte n’est blanche que du côté création… pour le reste le budget n’est pas plus extensible qu’un autre
!
Un point sensible : toujours savoir qui est son interlocuteur et le décideur final ! Sous peine de perdre beaucoup de temps et parfois d’être fort déçu après avoir quasiment finalisé un projet dans lequel on croit et on s’est fait plaisir… et qui, ultimement, ne plaît pas au “vrai” décideur dont on ne soupçonnait même pas l’existence. Je ne parle même pas de tous ces stagiaires catapultés par ci par là dans bien des services de communication (c’est à la mode), à des postes pour lesquels ils ont ou non des compétences déjà acquises et à qui l’on confie des projets pour lesquels ils n’ont aucun pouvoir de décision. Quel manque de respect pour l’ensemble des intervenants ! Cela reflète malheureusement la dure réalité de la vie en entreprise. Nous vivons un temps bien singulier…
Il est vrai que le décideur final est parfois lointain, voir hors d’atteinte. Cela se produit par exemple quand je suis sous-traitant d’une société informatique qui joue le rôle d’intermédiaire avec le vrai client, ou sur de grands comptes dont la chaîne de décision est complexe.
J’inclus toujours dans mes propositions commerciales quelques jours consacrés à la réalisation de maquettes (en nombre variable selon l’importance du projet) et ne m’attaque au travail de fond qu’après validation de celles-ci. Je pense que la plupart des designers web agissent ainsi, car cela limite les risques de partir dans une mauvaise direction.