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Il est regrettable – mais c’est une situation très courante – que l’on ne fasse appel au designer web qu’en toute fin de réalisation d’un site. Tout à déjà été défini, programmé, mis en place par des gens qui n’ont parfois pas la moindre notion d’ergonomie ou d’utilisabilité. On demande alors au designer d’intervenir pour concevoir une présentation attrayante et propre. Hélas, il est souvent trop tard pour rectifier les plus graves erreurs commises par les concepteurs : il n’y a plus de temps ni de budget, ou bien le produit est déjà validé et doit rester en l’état.
C’est l’un des aspects les plus frustrants du métier : des défauts nous sautent aux yeux, on fait de proposition pour les corriger, mais elle sont toutes rejetées sous le prétexte qu’on ne peut plus modifier l’organisation du site. On se résigne alors, la mort dans l’âme, à ne faire que quelques retouches « cosmétiques ». Encore un projet sur lequel on ne se vantera pas d’être intervenu !
Il serait préférable que le designer web ne soit pas la dernière roue du carrosse mais puisse intervenir très en amont dans la conception du site, indiquer dès le départ les principales erreurs à éviter, proposer une structure cohérente pour le contenu, la navigation, les formulaires, etc. Confier d’emblée la réalisation du site à des informaticiens qui – si talentueux soient-ils – pensent en techniciens, c’est mettre la charrue avant les bœufs. C’est se focaliser sur le fonctionnement interne en oubliant qu’un site est avant tout destiné à être consulté, visité, utilisé par un public.
L’inverse est également vrai, j’en parle à côté
http://www.surlignage.com/23-02-2007/eduquer-ses-clients/#comment-16
(bon, possible que le designer que j’ai eu n’était pas vraiment concerné par autre chose que rentrer dans le budget).
Mais comment synchroniser les besoins de chacun? Je sais faire travailler ensemble des développeurs sur un même morceau de code, mais des profils ayant des attentes aussi différentes qu’un développeur et qu’un designer?
Initier le dialogue entre eux est évidemment un pré-requis de base. Ma question est plus dans l’arbitrage et le travail au quotidien, choses que l’on ne découvre que par expérience.
Dans l’expérience que tu relates sur ton précédent commentaire, j’ai l’impression que tu as davantage eu affaire à un graphiste qu’à un designer web. Car fournir un code propre et respectant dans la mesure du possible les standards fait aussi partie du travail du designer.
Je crois que lors des premières phases de conception d’un site, le designer n’a pas d’attente particulière, mais plutôt un rôle de conseiller : il indique ce qu’il serait bon de faire et ce qu’il faut éviter. Comme il a aussi une certaine culture informatique, il sait ce qui est faisable ou pas, mais il aura tendance à privilégier l’utilisabilité du site, quitte à compliquer un peu la vie des développeurs. C’est là que peut intervenir l’arbitrage : juger si telle recommandation du designer vaut la peine d’un (éventuel) surcroît de travail.
Effectivement, confusion entre le sens commun de design (l’apparence) et le designer web qui va bien au delà. Disons que pour la prochaine fois je demanderai un designer… Il me semble qu’il y a un flou dans les dénominations qui n’aide pas à expliquer les différences…
Tu as tout à fait raison, la distinction n’est pas nette dans l’esprit des gens. Pour beaucoup design et graphisme sont synonymes (du moins en ce qui concerne l’Internet), alors qu’en fait le design est un domaine bien plus vaste qui englobe, entre autre, le graphisme. Disant cela, je ne dénigre absolument pas les purs graphistes bien sûr, je souligne juste que la différence entre les deux métiers.
Je suis asez d’accod avec toi sur le fait qu’il ne faut pas laisser les informaticiens leader le projet directement et faire des choix cruciaux.
Par contre, où nos avis divergent, c’est de vouloir mettre le designer à cette place! OK pour qu’il intervienne tôt mais pas qu’il fasse le boulot qui doit revenir à une troisième catégorie : les architectes de l’information qui vont eux structurer, analyser les contenus et leur place dans l’interface. En plus de définir l’architetcture globale du site, ceux-ci vont également procurer des wireframes, l’achitecture des pages du site !
Je pense que à côté du niveau technique (informatiens) et design (designers), il faut un spécialiste de l’utilisabilité/IA pour mettre l’utilisateur au centre car autant les informaticiens que les designes n’ont pas toujours un recul suffisant.
Celà dit, le designer va être amené à faire de l’accessibilité, de l’utilisabilité, etc et plus ils s’intéresse à des approches centrées utilisateur, meilleur il sera.
Ca dépend aussi beaucoup de l’entreprise où tu travailles … certaines structure n’ont pas d’architecte de l’information, dans d’autre le designer est à al fois contacte client et programmateur, etc
Robi : Je pense que cela dépend effectivement de la taille des projets sur lesquels on intervient. Personnellement, je n’ai jamais eu l’occasion de travailler avec un architecte de l’information et, lorsque le besoin se faisait sentir, je me suis chargé directement de définir l’organisation de l’information.
Vous n’y connaissez rien
Pour qu’un site soit bon, il faut que le concepteur soit un super vendeur et que le client soit très content : c’est le cas de la mairie de Bordeaux qui a aligné 6 millions d’euros (vous lisez bien) pour ceci, www.bordeaux.fr . Félicitations au concepteur : www.sopragroup.com . J’ai lu quelque part qu’il y avait 3.000 pages, ce qui fait la page à 2.000 euros. Beau boulot, non ?
Yves : J’espère que je ne vais pas avoir d’ennuis avec ton commentaire qui nomme un prestataire… nous verrons bien.
Six millions d’euros pour un site, c’est délirant ! Mais nous n’avons pas toutes les données du contrat : peut-être le framework utilisé est-il très cher, l’hébergement et la maintenance du site sont certainement inclus dans ce prix, ainsi que d’autres prestations. Mais, quoi qu’il en soit, ce montant est exorbitant. Je n’ose pas calculer combien d’années de travail il me faudrait pour obtenir un chiffre d’affaire de 6 millions !
Cela dit, la présentation du site est propre, en dehors de petits défauts d’affichage mineurs. Il existe des sites de municipalités bien pires. Qui plus est, il semble à première vue que l’accessibilité du site soit très correcte.
L’info a été reprise et commentée sur embruns.net . Sa source est dans le blog d’un conseiller municipal de bordeaux : http://www.matthieu-rouveyre.fr/ , fichiers des délibérations du conseil municipal à l’appui.
Et on parle bien de 6 millions d’euros : soit pratiquement 40MF !!!
Effectivement, j’ai été voir le blog de ce conseiller municipal (PS) et les documents qu’il cite, c’est instructif !
L’appel d’offre initial était assez classique, rien d’exceptionnel, si ce n’est le montant estimé à l’origine : 3 millions d’euros plus 1,5 million de frais de fonctionnement ! À quoi il faut ajouter 2 millions d’euros d’avenant quelques années plus tard.
Hum… pour ce prix, Bordeaux devrait avoir la Rolls Royce des sites internet, mais ce n’est pas vraiment le cas !